Guide · Acquisition & leads
Gestion des leads : le suivi qui mène du formulaire au client signé
Gestion des leads en TPE : une seule liste, cinq statuts et un rendez-vous du lundi pour ne plus perdre une demande entre le formulaire et la signature.
La gestion des leads consiste à rassembler toutes les demandes reçues, quel que soit leur canal, dans une liste unique où chaque ligne porte un statut et une prochaine action datée. Cinq statuts suffisent : nouveau, à rappeler, devis envoyé, signé, perdu. Une ligne sans prochaine action est un lead oublié.
Une demande de devis arrive un mardi soir. Elle atterrit dans une boîte mail, elle est lue le mercredi entre deux rendez-vous, et le vendredi plus personne ne sait si quelqu’un a rappelé. Le problème n’est presque jamais le nombre de contacts : c’est qu’aucun endroit ne dit où chacun en est. Faire venir les demandes relève de notre guide de la génération de leads ; la gestion des leads commence après : rassembler, faire avancer, compter.
Vos demandes arrivent par cinq portes, et elles ne se croisent jamais
Listez les chemins par lesquels un client peut vous joindre. Dans une TPE, il y en a rarement moins de cinq, et chacun a sa propre boîte de réception.
Les cinq chemins, et leur boîte de réception
- Le formulaire du site : un e-mail, parfois filtré en indésirable, souvent noyé entre deux factures.
- Le téléphone : un numéro griffonné, un rappel manqué, une mémoire qui fait ce qu’elle peut.
- Les messages de la fiche Google Business Profile : dans une application, sur un seul téléphone, et nulle part ailleurs.
- Les messages privés Instagram ou Facebook : même téléphone, autre application, autre notification.
- Le bouche-à-oreille : « c’est mon voisin qui m’envoie », dit au comptoir ou sur un chantier, jamais écrit.
Le test des trois mois en arrière
Ces cinq portes ne communiquent pas entre elles, et aucun suivi n’est possible tant qu’elles restent séparées : vous ne pouvez pas rappeler ce que vous ne voyez pas. Le test tient en deux minutes. Ouvrez la messagerie de votre fiche Google, puis celle d’Instagram, et remontez trois mois en arrière. S’il y traîne un message sans réponse, le problème n’est ni la publicité ni le référencement. Rien ne vous oblige à fermer un canal : ce qui doit converger, c’est la trace, une ligne écrite au même endroit quelle que soit la porte.
Une seule liste, six colonnes
La première étape ne coûte rien et ne demande aucun logiciel : un tableur partagé, accessible depuis le téléphone, et six colonnes. Pas huit, pas quinze.
Les six colonnes qui suffisent
Les six colonnes qui suffisent à suivre un lead
| Colonne | Ce que vous y mettez | Pourquoi elle est là |
|---|---|---|
| Date de réception | Le jour, et l’heure si vous l’avez | La seule façon de mesurer votre délai de réponse |
| Source | Ce que la personne dit : « vu sur Google », « mon voisin » | Répond en fin de trimestre : qu’est-ce qui remplit le carnet ? |
| Qui | Nom, téléphone, commune | La commune décide souvent, à elle seule, si l’affaire est pour vous |
| La demande | Une ligne, avec ses mots à elle | « Portail coulissant 4 m, maison en travaux » vaut mieux que « menuiserie » |
| Statut | Un des cinq statuts ci-dessous | L’état d’avancement, visible d’un coup d’œil |
| Prochaine action + date | « Rappeler le 18 », « relancer le devis le 25 » | La colonne qui empêche l’oubli, la seule indispensable |
Saisir à la réception, avec les mots du client
Deux règles de tenue pèsent plus que le choix de l’outil. La saisie se fait à la réception, pas le soir : une demande notée trois jours plus tard est à moitié perdue, et son heure d’arrivée avec elle. Et elle s’écrit avec les mots du client, jamais dans une catégorie maison, qui efface le détail permettant de reprendre la conversation trois semaines après.
La colonne « source », et ce qu’elle ne dira jamais
Elle ne sert pas à bâtir des statistiques savantes : rattacher un contact venu par recommandation à un canal précis est un sujet à part entière. Notez ce que la personne vous dit, même approximatif, et acceptez que la moitié des réponses soient floues. Sur un trimestre, la tendance se lit sans outil, et c’est tout ce que vous lui demandez.
Cinq statuts, et une règle qui tient tout
Cinq statuts suffisent : nouveau (arrivé, pas encore rappelé), à rappeler (contact établi, il faut revenir), devis envoyé, signé, perdu. Chaque statut supplémentaire est une décision de plus, donc une raison de plus de ne rien mettre à jour.
Le passage de « nouveau » à « à rappeler »
C’est le moment où vous décidez si le contact est pour vous : les quatre critères tiennent dans notre guide du lead qualifié. La liste, elle, ne juge pas, elle enregistre. Le statut « perdu » mérite trois mots de motif : trop cher, délai trop court, sans réponse, hors zone. C’est la seule colonne qui vous apprend quelque chose sur votre offre plutôt que sur vos contacts.
Aucune ligne ne survit sans prochaine action datée
Voici la règle qui tient l’ensemble. Un lead sans date n’est pas en cours, il est oublié. S’il n’y a plus rien à faire, passez-le en « signé » ou en « perdu ». Une liste qui se vide est une liste que quelqu’un tient ; une liste qui grossit sans fin est un cimetière que personne n’ouvre plus.
Le rendez-vous du lundi, et le responsable du fichier
Cette règle demande un créneau, pas de la bonne volonté. Trente minutes le lundi matin, toujours les mêmes : vous triez sur « prochaine action », vous traitez les dates passées, vous clôturez le reste. Nommez aussi un responsable du fichier : plusieurs peuvent y écrire, une seule répond de sa fraîcheur. Le suivi meurt presque toujours là, quand la responsabilité appartient à tous.
Le conseil Dixionline
Ajoutez une colonne « relancé le » plutôt qu’un statut « relancé ». Une date se remplit en deux secondes, elle se trie, et elle répond seule à la question qui revient toujours au téléphone : « vous m’aviez rappelé quand, déjà ? » Un statut, lui, écrase l’historique à chaque changement.
Ce fichier contient des données personnelles, et cela vous engage
Un nom, un téléphone, une adresse e-mail, parfois le détail d’un chantier chez quelqu’un : votre liste de suivi est un fichier de données personnelles, au même titre que votre paie. Le RGPD s’y applique, y compris dans un tableur, et trois questions suffisent à être en règle.
Combien de temps garder une demande sans suite
La règle n’est pas un nombre, c’est un principe : conserver le temps nécessaire, puis effacer. Pour une demande sans suite, la CNIL retient couramment trois ans à compter du dernier contact, durée qu’annonce notre politique de confidentialité. Écrivez la vôtre noir sur blanc, puis tenez-la : un onglet « archive » vieux de huit ans n’est pas une archive, c’est un manquement.
Qui a accès à la liste, et jusqu’où
Un tableur partagé se partage vite, et un lien ouvert circule sans laisser de trace. Limitez l’accès aux personnes qui en ont l’usage professionnel, préférez les invitations nominatives au lien public, et retirez les accès quand quelqu’un part. Si un prestataire y accède, votre page de confidentialité doit le dire.
Le droit de suppression, et savoir l’exercer
Toute personne figurant dans votre fichier peut demander à en sortir, à voir ce que vous détenez sur elle, ou à faire corriger une erreur. Votre obligation pratique : retrouver la ligne, la supprimer, répondre dans le mois. Un fichier unique rend la chose simple ; cinq applications séparées la rendent impossible à honorer sincèrement. Ce qu’il faut publier sur votre site est détaillé dans notre article sur les mentions légales, les cookies et le RGPD.
Faut-il un CRM pour la gestion des leads ?
Un CRM (customer relationship management, gestion de la relation client) stocke vos contacts, l’historique des échanges et l’avancement de chaque affaire : un tableur doté d’une mémoire et de rappels.
Les quatre signaux qui disent que le moment approche
- Deux personnes ou plus travaillent les mêmes contacts : le tableur devient un conflit de version, et deux relances partent le même jour.
- Vous suivez plusieurs dizaines d’affaires en parallèle : le tri du lundi ne tient plus dans trente minutes.
- Vous voulez que la relance se déclenche seule, sans dépendre de votre agenda.
- Vous devez retrouver, deux ans après, ce qui a été dit à un client revenu avec un second projet.
En dessous, le tableur gagne pour une seule raison
La réponse honnête, pour une entreprise de quelques personnes : pas tout de suite. Un tableur partagé fait le même travail, avec l’avantage qui décide de tout, à savoir qu’il est rempli. Un outil non tenu ne vaut pas mieux qu’une boîte mail, et il coûte en plus un abonnement et une matinée de paramétrage.
Ce qu’il faut vérifier avant de signer un abonnement
Trois points, quel que soit l’outil. Pouvoir exporter vos contacts au format tableur le jour où vous partez, sans négociation. Savoir où les données sont hébergées, question rien moins que cosmétique quand il s’agit de coordonnées de clients. Et pouvoir supprimer une fiche entièrement, pas seulement la masquer.
Les chiffres que la liste vous rend, et que rien d’autre ne donne
Un trimestre de liste tenue produit quatre nombres, sans le moindre outil de mesure : demandes reçues, demandes retenues (celles qui étaient pour vous), devis envoyés, affaires signées.
La part des demandes qui méritent un devis
Si elle est basse, le problème est en amont : vous attirez à côté de votre cible, et ce sont vos pages et vos annonces qu’il faut relire. Ce qu’un formulaire demande décide de ce que vous recevez : notre article sur le formulaire de contact détaille les questions qui trient sans faire fuir. Si le volume est faible, le sujet n’est plus le suivi mais la conversion de vos pages.
La part des devis qui signent
Si elle est basse alors que les demandes sont bonnes, l’acquisition n’y est pour rien : cherchez du côté du délai de réponse, de la lisibilité du devis, ou de la relance qui n’a pas eu lieu. Un devis jamais rappelé est une demande payée deux fois, à l’acquisition puis au chiffrage, et abandonnée à un mètre de la ligne.
Le délai de première réponse, le chiffre qui bouge le plus vite
Il se calcule avec deux colonnes que vous avez déjà : la date de réception et celle du premier rappel. C’est le seul de ces nombres que vous pouvez améliorer cette semaine, sans dépenser un euro. Les indicateurs du site (visites, pages vues, taux de conversion) répondent à une autre question, passée en revue dans les KPI d’un site web.
La semaine où plus rien ne se perd entre deux rendez-vous
Nous ne vendons pas de logiciel de suivi commercial. Notre part se joue avant votre liste : un formulaire qui pose la commune, le projet et l’échéance, une demande qui arrive complète et horodatée au lieu d’un « bonjour, c’est pour un renseignement », des campagnes jugées sur les affaires signées plutôt que sur les clics. La liste et la discipline restent chez vous, et elles décident si un budget d’acquisition rapporte. Pour la partie qui nous revient, voyez notre agence Google Ads à Montpellier.
Vos demandes arrivent-elles complètes ?
Envoyez-nous l'adresse de votre site : nous regardons ce que votre formulaire demande, ce qui manque dans les demandes que vous recevez, et ce que cela vous coûte en temps de tri.
Questions fréquentes
Quelles sont les étapes du processus de gestion des leads ?
Cinq étapes, toujours les mêmes : enregistrer la demande à la seconde où elle arrive, décider si elle est pour vous, envoyer un devis, relancer une fois puis clore, et noter le motif quand elle est perdue. Chaque étape correspond à un statut dans votre liste. Le processus tient sur une seule ligne de tableur par contact.
Faut-il un CRM pour gérer ses leads dans une TPE ?
Pas au départ. Un CRM (logiciel de gestion de la relation client) devient utile quand deux personnes ou plus touchent les mêmes contacts, quand vous suivez plusieurs dizaines d'affaires en parallèle, ou quand vous voulez que les relances se déclenchent seules. En dessous, un tableur partagé fait le travail, et il a un avantage décisif : il est réellement tenu.
Qui doit suivre les leads dans une entreprise de trois personnes ?
Une seule personne, nommée. Plusieurs peuvent écrire dans la liste, mais une seule répond du fait qu'elle soit à jour. Le suivi meurt presque toujours au même endroit : quand la responsabilité est partagée entre tous, personne ne descend la liste le lundi matin.
Comment savoir si un lead a été oublié ?
Triez votre liste sur la colonne « prochaine action » et regardez les dates passées. Toute ligne dont la date est dépassée, ou qui n'a aucune date, est un lead oublié. C'est le seul contrôle à faire, il prend une minute, et il rend visible ce qu'aucune boîte mail ne montre.
Combien de temps garder les coordonnées d'un prospect qui n'a jamais signé ?
Le RGPD ne fixe pas de durée chiffrée : il demande de conserver les données le temps nécessaire à la finalité, puis de les effacer. Pour une demande sans suite, la CNIL retient couramment trois ans à compter du dernier contact, et c'est la durée annoncée par notre propre politique de confidentialité. Écrivez-la quelque part, et purgez réellement votre fichier à cette échéance.
Un fichier de suivi des leads doit-il être déclaré ?
Aucune déclaration préalable n'est à faire depuis 2018. En revanche, votre fichier doit figurer dans votre registre des traitements, un document interne qui liste ce que vous collectez, pourquoi, pendant combien de temps et qui y accède. Pour une entreprise de quelques personnes, une page suffit, et le modèle de la CNIL est gratuit.
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