Guide · Créer & refondre son site
Création de site internet pour un professionnel de santé : informer sans démarcher
Création de site internet d'un professionnel de santé : le cadre de communication, une page par motif de consultation, un formulaire qui ne collecte rien.
Le site d'un professionnel de santé informe, il ne démarche pas. Depuis les textes de fin 2020, la communication est libre mais encadrée : factuelle, loyale, non comparative, et sans témoignage de patient. Le reste tient en trois briques : une page par motif de consultation écrite en langage clair, un bouton de rendez-vous relié à votre agenda, et un formulaire qui ne collecte aucune donnée de santé.
Une future maman qui cherche une sage-femme à Nîmes veut trois choses : comprendre l’accompagnement proposé, sentir si la personne lui correspond, prendre rendez-vous sans devoir appeler entre deux consultations. Rien dans cette liste ne relève de la persuasion, et c’est précisément ce qui rend la création du site internet d’un professionnel de santé différente de tout autre projet. Le site doit informer avec une justesse que la loi encadre, et se taire là où d’autres vendraient.
La création du site internet d’un professionnel de santé se joue d’abord sur le cadre
Deux idées fausses circulent encore et bloquent des projets entiers : « nous n’avons pas le droit de faire un site » et, à l’inverse, « puisque c’est autorisé, nous pouvons écrire ce que nous voulons ». Les deux sont fausses, et la réalité tient dans un espace assez confortable une fois qu’il est décrit.
Ce que les décrets de décembre 2020 ont changé
Communication des professionnels de santé
Une série de décrets du 22 décembre 2020 a remplacé l’ancienne interdiction de publicité par une libre communication encadrée. Pour les médecins, le décret n° 2020-1662 a introduit l’article R. 4127-19-1 du code de la santé publique : le praticien peut communiquer au public, y compris sur un site internet, des informations de nature à contribuer au libre choix du patient. Cette communication doit être loyale et honnête, ne pas faire appel à des témoignages de tiers, ne pas reposer sur des comparaisons, ne pas inciter à un recours inutile à des actes de prévention ou de soins, et ne pas porter atteinte à la dignité de la profession. Des textes voisins existent pour les autres professions réglementées, et chaque Ordre en tire ses propres recommandations : ce sont elles qui font foi, et c’est le document à ouvrir avant d’écrire la première page.
Ce mouvement n’est pas venu de nulle part. La Cour de justice de l’Union européenne avait jugé, dans son arrêt Vanderborght du 4 mai 2017 (affaire C-339/15), qu’une interdiction générale et absolue de toute publicité relative à des prestations de soins était contraire au droit de l’Union. Les textes français ont été mis en conformité, sans pour autant ouvrir la porte au démarchage : la communication est devenue possible, elle n’est pas devenue libre de contenu.
Les trois formulations qui vous exposent
Traduit en langage de site, la frontière est nette. Votre parcours, vos diplômes, votre conventionnement, vos langues de consultation, le déroulé d’une prise en charge, vos horaires et votre accessibilité : tout cela s’écrit sans difficulté, et c’est déjà beaucoup. En face, trois formulations à ne jamais laisser passer : le superlatif (« le meilleur suivi de la région »), la comparaison même suggérée, et la promesse de résultat, y compris prudente.
Le cas des témoignages revient à chaque cadrage de projet, et le texte est explicite pour les médecins : la communication ne fait pas appel à des témoignages de tiers. Nous n’en publions donc aucun, y compris sincère. Ce que vos patients écrivent spontanément sur votre fiche Google relève d’un autre régime, traité dans notre guide Google Business Profile, avis et e-réputation : votre Ordre a aussi son mot à dire sur la façon d’y répondre.
La frontière avec les métiers du bien-être
La confusion coûte cher. Sophrologie, réflexologie, naturopathie : ces métiers ne sont pas des professions de santé réglementées, et leur site obéit à des règles plus permissives sur la forme, bien plus risquées sur le vocabulaire du soin. Nous les avons traités séparément dans le site d’un institut de beauté ou d’un praticien du bien-être.
Une page par motif de consultation, écrite pour être comprise
C’est la structure qui rend service au patient et au cabinet en même temps, et presque personne ne l’adopte. Préparation à la naissance, suivi gynécologique, rééducation périnéale, première consultation d’ostéopathie, suivi post-opératoire : chacun de ces motifs mérite sa page, plutôt qu’une rubrique « soins » qui les empile.
Pourquoi cette page vaut du temps de consultation
La raison est d’abord clinique. Une personne qui prend rendez-vous sans savoir ce qui l’attend arrive inquiète, pose ses questions pendant la consultation, et repart parfois sans l’essentiel. Une page qui explique le déroulé, la durée, ce qu’il faut apporter, ce qui se passe après, fait une partie de ce travail avant même la porte franchie. C’est du temps de consultation rendu au soin.
La raison est ensuite pratique : ces pages répondent à la question exacte que le patient tape, avec ses mots à lui. Écrivez donc en langage clair, sans jargon et sans le raccourcir non plus. « À quoi sert une rééducation périnéale, et comment se déroule une séance » informe. « Rééducation périnéale » tout seul ne fait que nommer.
Le rendez-vous en ligne : écrivez ce que la plateforme n’affiche pas
Le partage des rôles ne souffre pas d’exception, et il vous protège. L’outil de rendez-vous tient l’agenda et les données qui vont avec, sur une infrastructure prévue pour cela. Votre site informe, oriente vers le bon motif, et mène au bouton. Il ne recrée jamais un second système de réservation, qui ferait entrer des informations de patients dans un outil qui n’est pas conçu pour les recevoir.
Posez donc un bouton « Prendre rendez-vous » visible dès le premier écran et sur toutes les pages, qui mène vers Doctolib ou l’outil que vous utilisez déjà. Gardez le téléphone cliquable juste à côté : une partie de la patientèle, souvent la plus âgée et parfois la plus fragile, ne prendra jamais rendez-vous autrement.
Les six lignes d’accès que presque aucun cabinet n’écrit
Le vrai travail commence après le bouton, et c’est celui que presque aucun cabinet ne fait. Une fiche de plateforme donne une adresse et des créneaux ; elle ne dit ni où se garer, ni à quel étage, ni s’il y a un ascenseur, ni quel arrêt de tramway descendre, ni si le cabinet est accessible en fauteuil, ni s’il faut sonner. Écrivez ces six lignes sur votre page contact. C’est le contenu qui allège le plus sûrement le standard, et pour une personne à mobilité réduite ou anxieuse, c’est la différence entre venir et renoncer.
Faut-il un site quand le cabinet est déjà sur une plateforme de rendez-vous ?
Les deux ne servent pas à la même chose. La plateforme prend le rendez-vous, elle ne présente ni votre approche, ni le déroulé d’une séance, ni les informations d’accès dont un patient a besoin pour venir sereinement. Elle appartient de surcroît à un tiers, dont les règles d’affichage et de classement changent sans vous consulter. Le site est la seule adresse dont vous gardez la maîtrise, et le seul endroit où vous écrivez le contenu dans vos propres mots.
Qui met à jour le site d'un cabinet de santé au quotidien ?
Le plus souvent le praticien lui-même ou son secrétariat, entre deux consultations, ce qui impose de concevoir pour cette contrainte. Les éléments qui bougent vraiment sont peu nombreux : horaires, absences, un motif de consultation ajouté, un remplaçant annoncé. Ils doivent se modifier en quelques minutes, sans notice et sans nous appeler. Tout le reste du site peut rester stable pendant des années sans vieillir.
Peut-il y avoir des photos de patients sur le site d'un cabinet ?
Écartez la question à la conception : aucune photo de patient, même de dos, même avec un accord écrit, ne devrait figurer sur un site vitrine. Vous cumuleriez une donnée de santé, une image identifiante et un usage promotionnel, pour un bénéfice nul. Photographiez plutôt votre vrai cabinet, la salle d’attente, le matériel, l’entrée de l’immeuble : ces images-là servent réellement le patient qui cherche à se projeter avant de venir.
Comment un nouveau cabinet se fait-il connaître sans démarcher ?
En étant trouvable là où les patients cherchent, ce qui n’est pas la même chose que démarcher. Une fiche d’établissement à jour, des informations d’accès complètes, une page par motif de consultation écrite en langage clair : ces éléments répondent à des recherches déjà formulées, sans solliciter personne. Nous ne promettons ni position ni délai sur ce terrain, surtout dans un secteur où la déontologie regarde la forme autant que le fond.
Le formulaire qui ne doit rien collecter
Votre site vitrine n’a aucune raison de recevoir une donnée de santé, et tout à perdre à en recevoir une. La règle se pose une fois, à la conception, et elle règle le sujet définitivement.
Le piège du champ « décrivez votre problème »
N’ajoutez jamais de champ invitant à décrire un symptôme, un antécédent ou un traitement. Dès qu’un tel message part sur un hébergement ordinaire, une donnée de santé circule hors du cadre prévu pour elle, et un champ libre sans consigne invite précisément à cela. La formulation que nous posons systématiquement : un champ « message » neutre, accompagné d’une phrase explicite, « n’indiquez aucune information médicale, nous vous rappelons ». Le motif se dit de vive voix ou dans l’outil de rendez-vous, jamais dans une boîte mail de cabinet.
Données de santé et hébergement certifié : où passe la frontière
Le reste relève du RGPD ordinaire, celui de n’importe quel formulaire : une information claire sur ce que vous faites des coordonnées, une durée de conservation, et personne d’autre que le cabinet qui y accède. Les données concernant la santé appartiennent en revanche aux catégories particulières de l’article 9 du RGPD, dont le traitement est soumis à des conditions renforcées : c’est la raison de fond pour laquelle un site vitrine doit rester à l’écart.
Tant que le site s’en tient là, la question de l’hébergement certifié ne se pose pas. Elle entre dans l’équation dès que des données de santé à caractère personnel sont conservées chez un prestataire technique : l’article L. 1111-8 du code de la santé publique soumet alors cet hébergement à certification. C’est le terrain des outils métier certifiés, jamais celui d’un site vitrine. C’est aussi le moment de faire valider le montage par votre délégué à la protection des données ou par le prestataire qui gère votre logiciel de cabinet.
Notre travail auprès des professionnels de santé, déontologie comprise
Nous accompagnons des sages-femmes, des ostéopathes, des cabinets de chirurgie et des praticiens indépendants du Gard et de l’Hérault. Une page par motif de consultation, un rendez-vous branché sur votre agenda et sur lui seul, des informations d’accès complètes, un formulaire volontairement muet sur le médical, et une relecture d’écriture qui reste du bon côté de votre cadre déontologique. Le tout tout inclus, hébergement et maintenance compris.
Si le déroulé d’un projet vous intéresse, nos étapes de création d’un site internet le détaillent phase par phase. Le cadre applicable aux avocats obéit à une logique voisine, que nous avons décrite dans le site d’un cabinet d’avocat. Et notre page création de site internet à Montpellier présente l’accompagnement complet.
Et si nous parlions du site de votre cabinet ?
Trois informations changent notre réponse : votre profession, votre ville et votre outil de rendez-vous. Nous vous proposons une structure claire, et nous relisons les textes avec les recommandations de votre Ordre sous les yeux. Devis gratuit.
Questions fréquentes
Un professionnel de santé a-t-il le droit d'avoir un site internet ?
Oui. Une série de décrets du 22 décembre 2020 a remplacé l'ancienne interdiction de publicité par une libre communication encadrée : pour les médecins, le décret n° 2020-1662 a introduit l'article R. 4127-19-1 du code de la santé publique. L'information délivrée au public doit rester loyale et honnête, ne pas reposer sur des comparaisons et ne pas inciter à un recours inutile à des actes de prévention ou de soins. Chaque Ordre publie ensuite ses propres recommandations : ce sont elles qui font foi pour votre profession.
Les témoignages de patients ont-ils leur place sur le site d'un cabinet ?
Non. Pour les médecins, l'article R. 4127-19-1 du code de la santé publique énonce expressément que cette communication ne fait pas appel à des témoignages de tiers. Des dispositions voisines figurent dans les codes de déontologie des autres professions réglementées : vérifiez le texte applicable à la vôtre. La preuve se fait donc autrement, par la clarté de ce que vous expliquez et par un parcours vérifiable. Les avis publiés spontanément sur une fiche Google relèvent d'un autre régime, sur lequel votre Ordre a également des recommandations.
Comment relier Doctolib au site de son cabinet ?
Par un simple bouton « Prendre rendez-vous », présent sur toutes les pages, qui mène vers votre agenda chez l'éditeur que vous utilisez déjà. C'est le montage courant, et le seul sain : les données de rendez-vous restent hébergées chez lui, selon les règles applicables aux données de santé, pendant que votre site informe et oriente. Il n'a aucune raison de recréer une réservation maison, qui ferait entrer des informations de patients là où rien n'est prévu pour les recevoir.
Le site d'un cabinet doit-il être hébergé chez un hébergeur certifié HDS ?
Seulement s'il héberge des données de santé, ce qu'un site vitrine bien conçu ne fait justement pas. L'article L. 1111-8 du code de la santé publique soumet à certification l'hébergement de données de santé à caractère personnel recueillies à l'occasion d'activités de prévention, de diagnostic ou de soins. Un formulaire qui demande un nom, un téléphone et un créneau de rappel, sans motif médical, reste un traitement classique soumis au RGPD. La certification entre dans l'équation dès que des informations médicales sont conservées chez un prestataire technique.
Que mettre sur le site d'un cabinet médical ou paramédical ?
Qui vous êtes, avec un parcours vérifiable et votre conventionnement. Ce que vous proposez, avec une page par motif de consultation expliqué en langage clair. Les informations pratiques : horaires, adresse, accès, stationnement, accessibilité. Et la prise de rendez-vous visible dès le premier écran. Les patients cherchent à comprendre ce qui les attend, pas à être convaincus.
Un professionnel de santé peut-il annoncer ses tarifs sur son site ?
L'information tarifaire relève d'obligations propres, distinctes de la communication professionnelle, et elle varie selon la profession et le secteur de conventionnement. Indiquer votre conventionnement et le fait que vous pratiquez ou non des dépassements est en revanche une information utile, attendue, et qui évite un appel. Le cadre exact figure dans les textes applicables à votre profession et dans les recommandations de votre Ordre : c'est le point à vérifier avant d'écrire un chiffre.
Un site de cabinet doit-il être accessible aux personnes handicapées ?
Un cabinet libéral n'est pas soumis aux obligations qui pèsent sur les sites des personnes publiques, mais l'accessibilité reste un enjeu concret pour une patientèle qui comprend des personnes âgées, malvoyantes ou peu à l'aise avec le numérique. Contrastes suffisants, texte redimensionnable, navigation au clavier, formulaires étiquetés : ces quatre points se posent à la conception et ne coûtent rien de plus. Ils profitent d'abord aux patients qui en ont le plus besoin.
Création de site
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