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Création de site internet pour un architecte ou un bureau d'études
Création du site internet d'un architecte ou d'un bureau d'études : fiches de projets, crédits photo, missions et appels d'offres.
Le site d'un architecte ou d'un bureau d'études ne vend pas un produit : il vend la preuve d'une compétence. Son contenu principal est donc le dossier de références, où chaque projet porte son programme, sa surface, la maîtrise d'ouvrage et surtout la mission réellement confiée. Le reste du site sert à rendre ces références consultables par des lecteurs qui décident lentement.
Un négoce vend un produit qui tient dans un carton, avec une référence, une cote et un prix. Un cabinet d’architecture, lui, vend quelque chose qui n’existe pas encore le jour du premier rendez-vous. C’est toute la difficulté de la création du site internet d’un architecte ou d’un bureau d’études : votre visiteur ne peut ni comparer un catalogue, ni essayer, ni retourner l’article. Il ne dispose que d’une chose pour vous faire confiance, et c’est ce que vous avez déjà construit.
La création du site internet d’un architecte commence par ses références
Regardez le parcours réel. Un promoteur qui monte une opération de logements, une commune qui prépare l’extension d’une école, un particulier qui a fait l’acquisition d’une ruine dans un village du Gard : aucun des trois ne cherche « un architecte ». Chacun cherche quelqu’un qui a déjà fait ce qu’il s’apprête à demander.
Classer par programme, jamais par date
Le site doit donc laisser filtrer sur ce critère. Un classement par programme, maison individuelle, logement collectif, tertiaire, réhabilitation, équipement public, répond à la question posée ; un classement par année répond à une question que personne ne pose.
Cette architecture de navigation n’a rien d’exotique, et les fondations restent celles de n’importe quel site d’entreprise, rapidité, lisibilité sur mobile, formulaire qui fonctionne : notre guide pour créer un site web efficace les pose une bonne fois pour toutes. Ce qui change ici, c’est ce que vous rangez dedans.
Le bureau d’études se cherche par matériau et par ouvrage
Même logique côté ingénierie, avec d’autres entrées : un projeteur structure se cherche par matériau et par type d’ouvrage, béton armé, charpente métallique, bois ; un thermicien, par réglementation traitée. L’entrée du site doit reprendre le vocabulaire par lequel votre interlocuteur formule son besoin, et ce vocabulaire n’est jamais chronologique.
La fiche de projet : ce que la photo ne dit pas
Une belle photo prouve que le bâtiment est beau. Elle ne prouve pas que vous l’avez conçu, ni jusqu’où vous l’avez suivi. C’est pourtant l’information que cherche un maître d’ouvrage, et c’est la plus souvent absente des sites que nous reprenons.
Les cinq informations qui manquent presque toujours
- Le programme et la surface : de quoi savoir en trois secondes si votre projet ressemble au sien.
- La nature de la maîtrise d'ouvrage : particulier, promoteur, bailleur, collectivité. Travailler pour une commune et pour un couple ne demandent pas les mêmes réflexes.
- La mission confiée : esquisse seule, mission complète, suivi de chantier, dossier d'exécution. La plus discriminante, et la plus rare en ligne.
- Les cotraitants et le rôle de chacun : l'architecte nomme son bureau d'études, le bureau d'études nomme l'architecte. Chacun y gagne une preuve, et parfois une recommandation.
- L'année de livraison, ou l'état d'avancement s'il s'agit d'un chantier en cours. Un projet non daté passe pour un vieux projet.
Parler la langue des missions
Un bureau d’études gagne à découper ses missions selon les étapes que ses interlocuteurs emploient tous les jours, de l’avant-projet sommaire au dossier de consultation des entreprises. Le parler sur votre site vous fait passer pour un pair avant même le premier appel. La même règle vaut pour l’architecte qui distingue une mission de permis d’une mission complète.
Ce qu’une profession réglementée change sur votre site
C’est le point sur lequel nous voyons le plus de sites pris en défaut, souvent par excès de prudence autant que par négligence.
Le titre est protégé, et votre site le porte
Le titre d’architecte n’est pas un mot comme un autre : la loi du 3 janvier 1977 sur l’architecture le réserve aux personnes physiques inscrites à un tableau régional de l’Ordre, de même qu’elle réserve l’appellation de société d’architecture aux structures inscrites au tableau. Votre site est l’endroit où cette qualité se lit : inscription au tableau, conseil régional dont vous relevez, forme d’exercice, assurance professionnelle. Un maître d’ouvrage public les vérifie, un particulier les cherche pour se rassurer, et leur absence fait douter d’un cabinet parfaitement en règle.
Côté ingénierie, ce sont les qualifications détenues qui jouent ce rôle de preuve. Pour ce qui s’applique exactement à votre situation, votre conseil régional de l’Ordre fait foi : ce guide décrit des pratiques de site, il ne remplace pas cet avis.
La publicité est permise, la comparaison ne l’est pas
Voici l’idée reçue qui coûte le plus de visibilité à la profession : beaucoup de cabinets croient encore que communiquer leur est interdit. C’est faux depuis 1992. L’article 10 bis du code de déontologie des architectes, issu du décret du 20 mars 1980, prévoit que les architectes peuvent recourir à la publicité dans le cadre des lois et règlements applicables. Un site, une page professionnelle, un encart dans un journal local, un véhicule marqué : rien de tout cela n’est proscrit.
Les vraies limites sont ailleurs, et elles sont deux. D’abord le droit commun : les pratiques commerciales trompeuses, définies aux articles L. 121-1 et suivants du code de la consommation, visent notamment le fait de créer une confusion avec un concurrent, d’avancer des allégations fausses, ou de ne pas identifier clairement le prestataire. Ensuite le devoir de confraternité de l’article 17 du même code de déontologie, que l’Ordre juge incompatible avec la publicité comparative, celle qui désigne un confrère, même sans le nommer.
Traduit en décisions de site : présentez vos références, pas celles des autres ; identifiez clairement qui vous êtes ; et n’affirmez rien que vous ne puissiez prouver.
Les droits qui se superposent sur l’image d’un bâtiment
Les trois accords à obtenir avant de mettre une photo en ligne
Sur l’image d’un bâtiment se superposent le droit du photographe sur son cliché, l’accord du maître d’ouvrage sur la publication de son bien, et parfois celui des cotraitants dont vous racontez le travail. Réglez les trois à la réception du chantier, quand tout le monde est encore disponible et content. Créditez le photographe sur la fiche, pas dans une page « mentions » que personne n’ouvre. Et si une image est une vue de synthèse ou un concours non retenu, écrivez-le sur l’image elle-même : présenter un projet rêvé comme un projet livré n’est pas seulement maladroit, cela rejoint exactement ce que le droit de la consommation appelle une allégation trompeuse.
Comment classer ses projets quand le cabinet couvre plusieurs programmes ?
Créez une entrée par programme que vous voulez continuer à traiter, et une seule. La tentation est de multiplier les filtres, par programme, par matériau, par budget, par année : le visiteur se perd et le site devient coûteux à tenir. Si un projet relève de deux familles, rangez-le dans les deux plutôt que d’inventer une catégorie mixte. Et supprimez les entrées qui ne comptent qu’un seul projet, elles signalent une compétence que vous ne pouvez pas encore prouver.
Que faire des projets anciens ou mal photographiés ?
Gardez-les si le programme est pertinent, même sans belle image. Une fiche correctement renseignée, avec le programme, la surface, la maîtrise d’ouvrage et la mission, travaille davantage qu’une absence, et un maître d’ouvrage cherchant un équipement comparable la trouvera. Utilisez un plan, une coupe ou une photo de chantier plutôt que rien. En revanche, datez-la clairement : un projet ancien assumé inspire confiance, un projet ancien déguisé en récent se retourne contre vous.
Comment obtenir l'accord du maître d'ouvrage pour publier un projet ?
Demandez-le par écrit à la réception du chantier, au moment où la relation est au mieux, et pas deux ans plus tard quand il faudra retrouver un interlocuteur. Précisez ce que vous publierez, des photos, l’adresse approximative, le nom du maître d’ouvrage ou non, et sur quels supports. Pour un logement privé habité, prévoyez de ne pas donner l’adresse exacte. Un refus n’est pas rare et se respecte : un projet peut être présenté sans être localisé ni nommé.
Faut-il nommer les cotraitants sur une fiche de projet ?
Oui, et cela vous rapporte doublement. Nommer le bureau d’études, l’économiste ou le paysagiste avec qui vous avez travaillé clarifie votre propre rôle, ce qui répond à la question que se pose le lecteur. Cela vous vaut aussi, très souvent, une citation en retour sur leur site. Vérifiez seulement que la mission attribuée à chacun est exacte : une erreur sur ce point se remarque immédiatement dans le milieu.
Une décision qui prend des mois, un site qui doit tenir la distance
Un dépannage se décide en dix minutes. Une maîtrise d’œuvre se décide sur plusieurs mois, à plusieurs, et votre site est consulté à chaque étape par des gens différents : celui qui présélectionne, celui qui présente en réunion, celui qui vérifie avant de signer.
Trois conséquences très concrètes. Prévoyez une adresse par projet, plutôt qu’une galerie qui remet tout à zéro au rechargement. Rendez vos références imprimables, parce qu’elles finiront dans un dossier papier ou dans une pièce jointe. Et remplacez le bouton « devis gratuit » par une prise de contact qui correspond à votre métier : décrire son projet, envoyer un plan de masse. Personne ne demande un devis en ligne pour un bâtiment.
Trois publics qui n’arrivent pas par la même porte
Le particulier veut comprendre le déroulé et le coût d’une mission ; c’est aussi lui qui découvre, en montant son projet, que le recours à un architecte s’impose au-delà de 150 m² de surface de plancher, seuil fixé par le décret du 14 décembre 2016 pris en application de la loi du 7 juillet 2016. Le promoteur veut des références de volume comparable. La collectivité arrive par un autre chemin : une consultation se prépare avant d’être publiée, et un site sert d’abord à exister dans la liste des bureaux qu’elle pense à consulter, puis à rassurer l’équipe qui dépouille. Vu de l’autre côté du guichet, la façon dont une commune achète est décrite dans notre article sur le site internet d’une mairie.
Le moment où vos références travaillent sans vous
Un dossier de références bien rangé continue de plaider pendant que vous êtes sur le chantier : c’est tout ce qu’un site doit faire pour ce métier, et c’est déjà beaucoup. Si votre activité consiste plutôt à vendre des produits à des professionnels, c’est un autre métier et un autre site : nous l’avons traité dans notre guide du site d’un négoce ou d’un grossiste.
Et si nous regardions votre dossier de références ?
Une adresse de site suffit : nous regardons comment vos projets sont rangés, ce que vos fiches disent de vos missions, et ce qui manque à un maître d'ouvrage pour vous appeler.
Questions fréquentes
Que doit contenir la fiche d'un projet sur le site d'un cabinet d'architecture ?
Le programme (maison, logements collectifs, tertiaire, réhabilitation), la surface, la localisation approximative, la nature de la maîtrise d'ouvrage (particulier, promoteur, collectivité), l'année de livraison et la mission qui vous a été confiée. Cette dernière information est celle que les visiteurs cherchent et que presque personne n'affiche : avoir dessiné un bâtiment et l'avoir suivi jusqu'au chantier ne racontent pas la même compétence.
Quels droits se superposent sur la photo d'un bâtiment livré ?
Deux au minimum. Le photographe conserve un droit sur son cliché, ce qui suppose de le créditer et d'avoir prévu la cession d'usage. Et la personne qui a commandé l'ouvrage a son mot à dire sur la diffusion de son bien, particulièrement s'il s'agit d'un logement privé habité. Réglez les deux à la réception du chantier : y revenir deux ans plus tard coûte beaucoup plus de temps.
Faut-il montrer les projets non construits, concours et études sur son site ?
Oui, à condition de les étiqueter comme tels. Un concours non lauréat, une étude de faisabilité ou un projet en cours de chantier montrent votre production et votre manière de penser. Le seul interdit est l'ambiguïté : une image de synthèse présentée sans mention laisse croire à une livraison, et cette confusion se paie cher le jour où un maître d'ouvrage passe voir le bâtiment sur place.
Le site d'un bureau d'études sert-il à répondre aux appels d'offres ?
Il ne remplace jamais le mémoire technique, mais il travaille en amont et en aval. En amont, une collectivité qui prépare sa consultation cherche des bureaux capables de la traiter, et elle regarde des sites. En aval, l'équipe qui dépouille vérifie votre existence, vos qualifications et vos références comparables. Un site vide ou périmé affaiblit un dossier par ailleurs solide.
Un architecte a-t-il le droit de faire de la publicité pour son cabinet ?
Oui. C'est une idée reçue tenace, mais la publicité est ouverte aux architectes depuis 1992 : l'article 10 bis du code de déontologie, issu du décret du 20 mars 1980, prévoit qu'ils peuvent y recourir dans le cadre des lois et règlements applicables. Un site, une page professionnelle, un encart dans la presse locale ou un véhicule marqué sont donc admis. Les limites tiennent au droit commun de la consommation et au devoir de confraternité, pas à une interdiction de principe.
Quelles mentions professionnelles doivent figurer sur le site d'un architecte ?
Au-delà des mentions légales exigées de tout site professionnel, votre visiteur cherche des éléments propres à la profession : votre inscription au tableau de l'Ordre et le conseil régional dont vous relevez, la forme d'exercice, et votre assurance professionnelle. Les qualifications d'ingénierie relèvent de la même logique pour un bureau d'études. Pour la liste applicable à votre situation, votre conseil régional de l'Ordre est l'interlocuteur qui fait foi.
Combien de projets faut-il publier pour qu'un dossier de références serve ?
Moins que vous ne le pensez, mais mieux renseignés. Une dizaine de projets correctement documentés, couvrant les programmes que vous voulez continuer à traiter, travaille davantage que quarante fiches réduites à une photo et un titre. Le critère n'est pas le volume mais la couverture : un maître d'ouvrage doit trouver au moins un projet comparable au sien. Complétez au fil des livraisons plutôt que de tout publier d'un coup.
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