Guide · Créer & refondre son site
Création de site internet pour un cabinet d'avocat : orienter sans jamais promettre
Une entrée par matière, un contact qui protège le secret, des honoraires clairs : la création d'un site internet d'avocat, sans faute de cadre.
Le site d'un cabinet d'avocat s'organise par matière, jamais par organigramme : personne ne cherche « un avocat », chacun cherche un avocat pour un divorce ou un licenciement. Il donne une information sincère, sans comparaison ni promesse de résultat, réserve le mot « spécialiste » au certificat de spécialisation, et protège le premier contact.
La création du site internet d’un avocat n’a presque rien à voir avec celle d’un site d’entreprise classique : ce que vous avez le droit d’écrire est encadré, et votre visiteur arrive rarement serein, souvent le soir, avec une question précise et une inquiétude générale. Les trois cabinets du Gard et de l’Hérault que nous accompagnons servent ici de terrain de vérification.
La création d’un site internet d’avocat commence par les matières
Personne ne cherche « un avocat ». Vos futurs clients cherchent un avocat pour un divorce, pour un licenciement contesté, pour une indemnisation après un accident, pour un litige de bail. La matière précède toujours la profession, et un site qui s’ouvre sur la présentation du cabinet fait attendre le visiteur là où il est le plus pressé.
Une page par matière, dans les mots du justiciable
La structure qui fonctionne tient en une phrase : une page par matière, écrite dans les mots du justiciable et non dans ceux du Code. « Divorce et séparation » plutôt que « droit des personnes » ; « licenciement et rupture conventionnelle » plutôt que « droit social ». Chaque page dit ce que recouvre la matière, comment se déroule une première prise en charge, et ce que la personne doit préparer avant le rendez-vous.
Cette découpe rend aussi un service que peu de cabinets anticipent : elle permet de dire non. Une page qui décrit précisément ce que vous traitez écarte d’elle-même les demandes qui ne vous concernent pas, et vous rend les heures de rendez-vous que ces demandes auraient consommées.
Les deux mentions que les sites de cabinet oublient le plus souvent
Deux informations ne se négocient pas et manquent pourtant souvent : votre barreau d’appartenance et les adresses où vous recevez réellement, accès et stationnement compris. La première relève de l’identification attendue de toute communication d’avocat ; la seconde décide simplement de la venue.
Le socle technique, lui, ne diffère en rien d’un autre site professionnel, et notre guide pour créer un site web efficace le déroule dans l’ordre. Ce qui change ici, c’est ce que vous avez le droit d’écrire dedans.
Ce que le cadre vous laisse écrire, et ce qu’il vous interdit
Le socle tient dans trois textes, et ils se lisent
La publicité et la sollicitation personnalisée sont ouvertes à la profession depuis la loi n° 2014-344 du 17 mars 2014, qui a introduit l’article 3 bis dans la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971. Ce texte pose deux conditions et une exclusion : l’information doit être sincère sur la nature des prestations proposées, sa mise en œuvre doit respecter les principes essentiels de la profession, et elle exclut tout élément comparatif ou dénigrant. Le décret n° 2014-1251 du 28 octobre 2014 en précise les modalités, et l’article 10 du règlement intérieur national les décline pour la profession.
Nous vous renvoyons à ces textes plutôt que de les résumer, pour une raison précise : les usages varient d’un barreau à l’autre, et votre ordre publie ses propres recommandations. Traduit en langage de site internet, le cadre dessine tout de même une frontière nette.
Le site d'un cabinet : ce qui s'écrit, ce qui ne s'écrit pas
| Ce qui s’écrit sans difficulté | Ce qui vous expose |
|---|---|
| Vos matières, votre parcours, votre barreau, vos langues de travail | Le mot « spécialiste » sans certificat de spécialisation |
| Le déroulé d’une procédure, ce que le client doit préparer | Toute promesse ou statistique de résultat, même prudente |
| Le mode de facturation et l’aide juridictionnelle | La comparaison avec un confrère, explicite ou suggérée |
| Vos publications, interventions, formations | Le nom d’un client ou d’un dossier sans accord exprès |
| Un espace d’actualités juridiques régulier | Un dossier en cours commenté, même anonymisé |
La sollicitation personnalisée obéit en outre à ses propres règles de forme : le décret de 2014 la conçoit comme un courrier ou un courriel adressé à une personne déterminée, et exclut le message textuel envoyé sur un terminal téléphonique mobile. Un site vitrine ne relève pas de cette catégorie, mais un formulaire de rappel automatisé peut vous en rapprocher plus vite que prévu.
Le mot « spécialiste » est un titre, pas une façon de parler
« Avocat spécialiste en droit de la famille » suppose un certificat de spécialisation délivré après examen, dont le régime figure dans la loi de 1971 et dans le décret du 27 novembre 1991. Écrit sans lui, le mot transforme une page anodine en mention trompeuse, et il se vérifie en une recherche.
Les formulations sûres disent exactement la même chose
« Domaines d’intervention », « activités dominantes », ou la simple liste des matières que vous traitez : ces trois tournures portent l’information sans emprunter un titre. C’est le premier point que nous relisons sur ces projets, et celui que nous corrigeons le plus souvent sur les sites existants. Le second est le superlatif décoratif (« votre meilleure défense ») que les modèles vendus en ligne installent en bannière.
Le premier contact n’est pas encore couvert par le secret
Votre secret professionnel est général et il ne s’éteint pas : il est posé par l’article 66-5 de la loi du 31 décembre 1971 et repris par le règlement intérieur national. Mais il protège la relation, pas le tuyau : un message envoyé depuis un formulaire transite par un hébergeur, une messagerie et parfois un téléphone posé sur une table.
Un formulaire qui empêche le récit
Il y a plus gênant encore, et cela n’a rien de technique. Tant que vous n’avez pas lu le message, vous ne savez pas qui écrit : recevoir le récit détaillé d’une affaire de la part de la partie adverse d’un dossier en cours crée un risque de conflit d’intérêts que vous auriez préféré éviter. Le formulaire doit donc empêcher le récit, pas l’inviter.
Le conseil Dixionline
Réduisez le formulaire à cinq champs : nom, téléphone ou courriel, ville, matière choisie dans une liste, créneau de rappel. Au-dessus du champ libre, une phrase courte et visible : « Décrivez votre situation en une ligne seulement, nous en parlerons de vive voix. » Vous obtenez des demandes exploitables et vous ne recevez plus de dossiers entiers par courriel. Ajoutez une durée de conservation courte : les messages sans suite n’ont pas à dormir des années dans une boîte mail.
Les honoraires : le frein dont personne ne parle sur son site
C’est la question que tout le monde se pose et que presque aucun site n’aborde : le justiciable appelle pour la poser, ou il n’appelle pas. Or vous pouvez y répondre sans afficher le moindre tarif.
Ce qui s’écrit sans donner un seul chiffre
Dites quels modes vous pratiquez : forfait pour les procédures cadrées, taux horaire pour les dossiers dont la durée reste imprévisible, honoraire de résultat en complément d’un honoraire de base. Sur ce dernier point, l’article 10 de la loi du 31 décembre 1971 est net : une fixation d’honoraires qui ne dépendrait que du résultat judiciaire est prohibée, tandis qu’un honoraire complémentaire de résultat, prévu en plus de la rémunération des prestations, est licite.
Rappelez ensuite que la convention d’honoraires écrite est la règle depuis la loi du 6 août 2015, hors les cas que le texte réserve. Ce n’est pas une formalité à cacher : c’est une garantie de plus pour votre interlocuteur, et l’écrire rassure. Précisez enfin si vous acceptez l’aide juridictionnelle, information que beaucoup de cabinets omettent alors qu’elle détermine l’appel.
Publier régulièrement sans se mettre en danger
Un site de cabinet qui ne bouge jamais vieillit vite, et un espace d’actualités y remédie sans effort : une réforme qui change une procédure, une décision de principe expliquée en langage clair, une question que vos clients posent tous.
Le droit, jamais les dossiers
La ligne à ne pas franchir est facile à tenir : vous parlez du droit, jamais des affaires. Pas de commentaire sur un dossier en cours, même sans nom, car les affaires locales se reconnaissent à trois détails. Écrivez en votre nom, datez vos publications, et corrigez quand la règle change. Un article de 2019 qui décrit une procédure réformée depuis dessert davantage qu’une page vide.
Combien de pages faut-il pour le site d'un cabinet d'avocat ?
Comptez une page par matière traitée, plus quatre pages de socle : présentation du cabinet, honoraires, contact et mentions légales. Un cabinet à trois matières tient donc en sept pages, et c’est très suffisant pour démarrer. Mieux vaut sept pages précises que vingt pages recopiées d’un modèle, car chaque page ajoutée devra être relue à chaque évolution du cadre. Vous en ajouterez ensuite au rythme des questions que vos clients vous posent réellement.
Faut-il faire valider le site par son ordre avant la mise en ligne ?
Les usages varient d’un barreau à l’autre, et c’est précisément pour cette raison qu’il faut poser la question à votre ordre plutôt que de la trancher seul. Certains conseils demandent une communication préalable, d’autres se contentent de publier des recommandations que vous appliquez sous votre responsabilité. Le réflexe utile est d’écrire au bâtonnier avant la mise en ligne et non après une remarque : la correction est alors gratuite, et elle prend une heure.
Un cabinet d'avocat peut-il acheter des annonces sur Google ?
La publicité est ouverte à la profession depuis la loi du 17 mars 2014, et un lien sponsorisé en est une forme. Les conditions ne changent pas pour autant : information sincère sur la nature des prestations, respect des principes essentiels, aucun élément comparatif ni dénigrant. C’est l’annonce elle-même qui doit être irréprochable, en trois lignes courtes où la tentation du superlatif est forte. Là encore, les recommandations de votre ordre priment sur toute règle générale.
Comment un cabinet peut-il se faire trouver sans promettre de résultat ?
En répondant aux questions que les justiciables posent avant de choisir : combien de temps dure une procédure, quelles pièces réunir, ce qui se passe à la première audience. Ces pages attirent exactement les personnes concernées, et elles n’engagent rien puisqu’elles décrivent le droit et non une issue. C’est la stratégie inverse de la promesse, et c’est la seule qui tienne dans la durée. Elle a un second effet utile : elle prépare le rendez-vous, qui commence alors plus haut.
Faire relire avant de publier, jamais après
Les sites de cabinets d’avocats que nous créons dans le Gard et l’Hérault suivent tous la même ossature : une page par matière écrite dans les mots du justiciable, un formulaire d’entrée pensé pour protéger le premier contact, un espace d’actualités que vous alimentez vous-même, et une relecture du texte sur les points qui exposent. Hébergement et maintenance sont compris, comme le reste : nous travaillons tout inclus.
La même logique de préqualification vaut pour les métiers techniques : voyez notre article sur le site d’une entreprise de négoce B2B. Pour les professions de santé, dont le cadre de communication est voisin sans être identique, c’est notre guide du site d’un professionnel de santé. Et notre page création de site internet à Montpellier présente l’accompagnement complet.
Et si nous regardions la structure de votre site de cabinet ?
Quelles matières traitez-vous, à quel barreau, et où recevez-vous ? Nous vous proposons une arborescence claire et un formulaire d'entrée qui ne vous met pas en difficulté.
Questions fréquentes
Un avocat a-t-il le droit de faire de la publicité pour son cabinet ?
Oui, depuis la loi du 17 mars 2014 qui a introduit l'article 3 bis dans la loi du 31 décembre 1971. Ce texte permet à l'avocat la publicité et la sollicitation personnalisée, à deux conditions : qu'elles procurent une information sincère sur la nature des prestations proposées, et que leur mise en œuvre respecte les principes essentiels de la profession. Il exclut par ailleurs tout élément comparatif ou dénigrant. Les modalités sont précisées par le décret n° 2014-1251 du 28 octobre 2014 et par l'article 10 du règlement intérieur national de la profession.
Faut-il indiquer ses honoraires sur le site d'un cabinet d'avocat ?
Indiquer le mode de facturation, oui ; afficher un tarif à l'unité, rarement. Expliquez ce qui existe chez vous (forfait, taux horaire, honoraire de résultat en complément d'un honoraire de base), rappelez qu'une convention d'honoraires écrite est signée avant d'engager le dossier, et précisez si vous acceptez l'aide juridictionnelle. C'est le premier frein du justiciable, et il se lève par la clarté du principe, pas par un prix.
Le mot « spécialiste » peut-il figurer sur le site d'un cabinet d'avocat ?
Uniquement si vous êtes titulaire du certificat de spécialisation correspondant, délivré après examen. Sans lui, le mot est une mention trompeuse, et c'est l'erreur la plus fréquente sur les sites de cabinets. Les formulations correctes sont « domaines d'intervention », « activités dominantes » ou tout simplement la liste des matières que vous traitez.
Un cabinet d'avocat peut-il publier des témoignages de clients sur son site ?
C'est déconseillé, pour deux raisons cumulatives. Le secret professionnel protège l'identité même du client, et citer un nom sans son accord exprès est exclu. Ensuite, un témoignage qui met en avant une issue favorable ressemble beaucoup à une promesse de résultat. Si vous voulez de la preuve sociale, laissez-la vivre sur votre fiche Google, sans jamais la solliciter dossier par dossier.
Quelles mentions doivent figurer sur le site internet d'un avocat ?
Le nom de l'avocat ou de la structure d'exercice, sa forme juridique, le barreau auprès duquel il est inscrit, et les coordonnées des lieux où il reçoit. S'ajoutent les mentions attendues de tout site professionnel : éditeur, hébergeur, traitement des données personnelles. Le décret du 28 octobre 2014 et l'article 10 du règlement intérieur national encadrent ce que doit permettre d'identifier une communication : c'est la liste à vérifier auprès de votre ordre avant la mise en ligne.
Que doit contenir le formulaire de contact d'un site d'avocat ?
Le strict nécessaire pour rappeler : nom, moyen de contact, ville, matière concernée en un mot, et un créneau de disponibilité. Ajoutez une consigne visible invitant à ne pas détailler l'affaire par écrit. Un récit complet reçu avant tout entretien pose deux problèmes : il circule dans une messagerie ordinaire, et il peut vous parvenir de la partie adverse d'un dossier que vous suivez déjà.
Un cabinet d'avocat peut-il tenir un blog juridique sur son site ?
Oui, et c'est même l'un des rares leviers durables dont dispose un cabinet. La règle tient en une phrase : vous commentez le droit, jamais vos dossiers. Une réforme de procédure, une décision de principe expliquée en langage clair, une question que vos clients posent tous les mois. Évitez en revanche le commentaire d'une affaire en cours, même anonymisée, car une affaire locale se reconnaît à trois détails.
Création de site
Vous préférez déléguer plutôt que tout faire vous-même ?
C'est notre métier : création de site internet pour les TPE, PME et commerces de la région, avec un devis clair, tout inclus, et une réponse sous 24 h ouvrées.